Juliette, 
Juliette Armanet,
on t’aime, 
je t’aime.
On a le droit de déclarer ce genre de flamme à celle qui a placé l’amour au coeur de son oeuvre. 

« Etes-vous obsédés ? » nous disait-elle dans ce torride, romantique et sensuel concert avant-hier soir au Nice Jazz Festival 
Avant d’enchaîner en un ultime solo avec « Je ne pense qu’à ça ».
Je me souviens dans mon enfance, cette chanson de Henri Salvador, Voilactus « Drôle de planète », petit extraterrestre raillant nos problèmes et nos contradictions pendant que le grand Salvador arguait de l’amour et du romantisme : « L’amour! l’amour ! Je t’aime ! Je t’aime ! C’est tout ce que vous avez comme problème ! Ah ! Ah ! Drôle de planète ! je retourne sur ma planète ! »

Ce fut bon de communier dans l’amour avec toi, Juliette.
Dans ce concert généreux où je t’ai sentie accro à nous autant qu’à la scène. 
Ce fut bon parce que le bateau coule.
Parce que le dernier jour du disco est peut-être le dernier jour tout court.
Parce que la fin du moteur à explosion voit exploser les batteries électriques. Avec les mêmes bagnoles et plus personne qui ne veut se déplacer sans assistance, fut-ce en vélo, en trottinette, en eFoil…
Parce que des milliards d’individus consomment de la vidéo à gogo et comme des gogos, en métro, en tram, ou en bateau à voile.
Parce que rien n’est fait pour que les choses changent.
Parce que pendant que tu nous invites à brûler le feu, nous sommes les saucisses stupides qui grillons sur la seule planète vivable à bien des années-lumières à la ronde.
Parce que la Transition n’a pas commencé.
Parce que tout le monde s’en fout malgré les belles paroles et les autres plus savantes.

Merci, pour ce moment d’amour Juliette.
Qu’il y a-t-il de plus important en effet désormais ?
S’enivrer de musique et d’amour.
Brûler de l’intérieur.
Communier.
Aimer.
Et encore aimer.
Et se saoûler davantage de musique encore.
Jusqu’à plus soif.
Merci Juliette, pour cet incendie d’Amour place Masséna.
Oui, mourons d’amour et aimons pendant que nous mourons.
Il n’y a plus rien d’autre à faire peut-être…
« Nous mourrons » disait l’héroïne du Patient Anglais, blessée dans sa grotte.

Je t’aime.

Nous mourrons. Nous mourrons riches de nos amants, de nos familles, des saveurs que nous avons goûtées, des corps que nous avons étreints, et explorés comme des rivières, des peurs où nous nous sommes réfugiés, comme dans cette maudite grotte. Je veux que tout cela soit inscrit sur mon corps. Nous sommes les vrais pays, et non pas ces frontières tracées sur des cartes portant le nom d’hommes puissants. Je sais que tu viendras, que tu m’emporteras dans le palais des vents. Tout ce que je voulais, c’était me promener dans ces lieux avec toi, avec des amis, dans un monde sans cartes.

(La grotte des nageurs)

Une réponse à « Nous mourrons »

  1. « Nous sommes dans le mur,… mais il y a des brèches » Edgar Morin. L’amour peut faire mal, parfois, mais pourrait nous sauver, de notre vivant… Paradoxe, complexité ; l’amour, la beauté, la vérité, la vie, quatre valeurs à sauvegarder, encore, encore… tant que possible ❤️ Laure Laforêt

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