C’est écrit.
Dans tous les grands livres de toutes les grandes religions me semble-t-il.
En tout cas, dans celui que je connais le mieux, c’est certain.
Un antique testament nous avait déjà livré ce message en héritage.
C’était avant l’arrivée du Roi de cœur. 
Tu n’adoreras point les idoles.
Tu briseras statuettes, fétiches et autres icônes.
Tu ne te prosterneras pas devant une image au détriment de l’Esprit.
Tu mèneras à l’abattoir ton veau d’or.

Puis vint le Fils de l’Homme qui n’avait nulle fonderie où mouler sa tête.
Mais un unique commandement. Aimer. Inconditionnellement.
Trop simple. Trop direct.
Donnez-nous des images, maître !
Réclamèrent celles et ceux qui étaient toujours en mal d’école.

Un supplice plus tard, la distribution des images reprit de plus belle.
Pendant des siècles, l’on continua à adorer des images pieuses, à se signer devant des icônes dorées, à baiser un genou au sol les bagues de prélats pris pour des saints. 
A prendre des colifichets pour des amulettes. 
A vénérer des croix de bois et des croix de fer.
Au milieu de tous les enfers.

Du reste, aucune religion n’échappa au culte des images aux cinquante nuances d’opiacées.
La religion matérialiste incluse. Tournant le dos aux cruciformes, l’on vénéra pire que des faucilles et des marteaux. L’on pratiqua le culte de la personnalité de tyrans aux idéaux rouge sang.

Puis, une onde de réveil sembla faire le tour de cette planète de larmes.
L’on pensa à la faveur de révolutions émancipatrices, de printemps libérateurs, que l’on en avait enfin terminé avec toutes les formes d’idolâtrie.
Oui, l’on pouvait enfin sonner le crépuscule des idoles !
Grâce à la connaissance, à l’instruction et, surtout, à la grande révolution du numérique. 
Exit pour le plus grand nombre les images obligées.

Les souvenirs de Lourdes, les Staline en fonte, les statuettes de Bouddha, les portraits de Mao, les statuettes de Vishnou et autres reproductions d’avatars…

Libérés, vraiment ? 
Au profit de l’Être ? de l’Essence ? de l’Esprit ? de la Vérité ? 

C’est oublier, hélas, que le diable ne fait jamais dans le détail.
Ni lorsqu’il arrose Hiroshima, ni lorsqu’il douche Gaza.
Les femmes et les enfants d’abord.

Plus d’images obligées, désormais, mais… obligation d’images !

Partout.
En permanence. 
Grâce aux nouvelles prothèses vissées au creux des mains du double sapiens.
De toutes les mains !
Là est sa force : tout le monde sera abreuvé.
Et tout le monde aura définitivement soif.
Des images par flots continuels.
Des images par flux incessants.

Je scrolle.
Tu scrolles.
Il ou elle scrolle.
Nous scrollons.

Ils ou elles ont fait entrer Scroll dans le dictionnaire Français.
Si, si, vérifiez.

Ça scrolle du matin au soir.
Ça scrolle aux toilettes comme en réunion.
Hypnotisés par la quantité astronomique de ces images.
Fascinés, ensorcelés.
Captivés.
Captifs.

Des millions de gens ont par le passé vénéré en communion quelques symboles.
Des milliards d’individus sont aujourd’hui possédés isolément par des milliards d’images.

Terminé, la vénération d’une image particulière.
Fini la focale sur une unique figure.
Nous nous sommes enfin détournés du veau d’or. 
Le troupeau humain, persuadé que les Lumières du Progrès l’ont libéré de la béatitude dévote, l’ont affranchi de la rumination bigote, a pourtant jeté son dévolu sur la plus perverse des idoles : l’image elle-même !

Dans cette société du spectacle dans laquelle « le vrai est un moment du faux », Lucifer se frotte les mains. 
C’est un homme de goût et fortuné.
Il est là depuis de longues années.

Il a volé à beaucoup d’hommes leur âme et leur foi.
Il était là quand Jésus Christ
Eut son moment de doute et de douleur.
Il a sacrément assuré que Ponce Pilate 

S’en lave les mains et scelle son sort.

Il était là c’est certain quand Hind Rajab,
La petite fille gazaouie de six ans, terrorisée en direct,
a été mitraillée sans fin par Tsahal dans cette voiture,
Alors qu’elle appelait à l’aide. 

Ah, Lucifer, ce « porteur de lumière » est un malin !
Sa lumière est celle qui brûle nos yeux, chaque jour que Dieu fait, depuis nos écrans en 5G.
Sa meilleure trouvaille, assurément.

Ce qui nous intrigue, c’est de comprendre en quoi consiste son jeu ?
Et si c’était juste lui, au final, qui, contrairement au reste de la création,
avait fait l’Homme à son image ?

Si tel est donc le fin mot de l’Histoire,
sorry, but I have no sympathy for you, daddy…

Please to meet you 
Hope you’ll guess my name !
But what’s puzzling you

Is the nature of my game !

Stéphane Robinson

5 réponses à « Image culte »

  1. Puissant ! Vu, entendu, touchée, ça c’est de la pleine communication ! Très fort Stéphane Robinson. Merci de ce partage.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Laure, pour ta fidélité de lectrice et ton enthousiasme pour cette littérature on-line.Bel été à toi.

      J’aime

  2. Quel article percutant mon Dieu ! …. troublant aussi…

    J’ai relu deux fois …

    Des vérités en pleine figure qui donne à réfléchir

    à méditer … oui méditer …

    Qu’en ferons-nous des ces prises de consciences ?

    Merci de nous en exposer si adroitement et clairement

    les avenues…

    J’aime beaucoup

    Mes amitiés

    Manouchka

    P.S. J’aimerais m’abonner à ton site mais le lien en page d’accueil ne fonctionne pas … ???

    Aimé par 1 personne

    1. C’est ok pour l’abonnement

      Le lien est apparu à la suite de mon commentaire

      À bientôt donc

      Aimé par 1 personne

    2. Merci Manouchka pour ce commentaire sympathique, merci pour ton intérêt pour ces écrits de scribe à tirage limité, et merci donc pour avoir rejoint le club des abonné-e-s de ce blog. Je suis toujours avec intérêt tes propres écrits… A bientôt donc entre deux blogs et deux continents 😉 Amitiés.
      Stéphane

      Aimé par 1 personne

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